• agathe657

Les maisons de famille


ITW de Paul


Les maisons de famille sont des lieux de réunions. Les générations s'y retrouvent et partagent des moments où souvent, le temps a l'air de s'être arrêté. Ces maisons sont des lieux de vie qui regorgent de souvenirs inoubliables, mais elles peuvent devenir un fardeau, surtout quand vient la difficile tâche de les vider. Paul a dû lui-même vider la maison de sa tante, et revient avec nous sur les difficultés rencontrées.


La maison de famille : un lieu de vie gorgé de souvenirs


Où se situe la maison de famille ?


Paul : « Elle se trouve dans le sud de la France, dans la belle ville de Menton. »


Pouvez-vous me la décrire brièvement : est-elle grande, très grande ? ancienne ?

à la campagne/en ville ? depuis combien de temps est-elle dans votre famille ?


Paul : « C’est une maison qui appartenait à ma famille depuis plusieurs générations. Une grande maison, d’environs 200m2 je dirais. Une extension avait été ajoutée dans les années 1950 pour donner un peu d’air à la famille qui s’agrandissait.

Mon grand-père était vigneron, il travaillait donc sur place et toute la famille participait aux vendanges et autres travaux agricoles. C’était un lieu de vie mais aussi de travail… avec tout ce que ça implique en termes d’accumulation. »


C'est une maison détenue par le côté paternel ou maternel de votre famille ?


Paul : « C’était la maison de famille de mon père, donc côté paternel. Ma tante y a grandi puis est revenue y habiter avec son mari dans les années 1970, à la mort de ses parents. »


Est-ce également la maison de votre enfance ? Y avez-vous vécu ou passé vos vacances ?


Paul : « Je n’y ai pas vécu mais j’y ai passé toutes mes vacances d’été. J’ai habité à l’étranger jusqu’à mes 10 ans et nous rentrions en France pendant trois mois quasiment chaque été. Nous logions alors dans cette maison. »


Quel est votre plus beau souvenir dans cette maison ?


Paul : « Les premiers pas de ma fille ! Nous étions venus voir ma tante au mois d’août 1989 et c’est là-bas qu’elle s’est enfin décidée à marcher ! C’était très symbolique pour moi. C'est comme si ma fille avait attendu d’être à l’endroit où j’avais moi-même fait mes premiers pas. »


Devoir se séparer de sa maison de famille


A quelle occasion (décès, déménagement, etc.) la question de la vendre s’est-elle

posée ?


Paul : « Lorsque ma tante (qui n’avait pas d’enfant) a développé la maladie de Parkinson, nous avons dû faire des choix. Ma tante s’opposait à un départ vers un EHPAD, nous avons donc opté pour l’hospitalisation à domicile. Ça a duré près de quatre ans. Lorsque son état s’est dégradé, elle a dû quitter la maison et est décédée à l’hôpital. La question de vendre la maison s’est posée quasiment le lendemain de son décès. »


Qu’avez-vous décidé de faire ? Pourquoi ?


Paul : « N’étant pas les héritiers en ligne direct, les frais de succession étaient énormes. On a su

très vite qu’on allait devoir vendre la maison. Ça a été un véritable crève-cœur. »


La lourde tâche de vider une maison de famille


Qui s’est occupé de vider la maison ? Pourquoi ?


Paul : « C’est principalement mon frère qui habitait dans la région qui s’est occupé de vider la maison. J’habite à Lille et je suis encore en activité, c’était impossible pour moi de poser suffisamment de jours de congés. J’ai tenté de l’aider comme j’ai pu mais cela a beaucoup tendu nos relations qui n’étaient déjà pas idéales. Cela a a été très éprouvant pour lui physiquement et moralement, ainsi que pour moi car je ne pouvais pas faire grand-chose à distance. C’est une situation qui m’a été beaucoup reprochée par la suite. »


Combien de temps a-t-il fallu pour vider cette maison ?


Paul : « Je dirais que ça a dû prendre au moins six mois. Deux mois pour s’y mettre vraiment, faire le tri des papiers, des vêtements et objets en bon état qu’on souhaitait récupérer ou donner. Ensuite, deux mois pour évacuer les principaux objets et le mobilier en les donnant à des associations. Puis, encore deux mois pour finaliser en faisant des aller-retours à la déchèterie. La maison était pleine à craquer d’objets très hétéroclites : des objets de la vie quotidienne mais aussi de vieux outils agricoles. Le pire a été la période qui a précédée la vente du bien : il a fallu tout finaliser très vite, ce qui a été une source de stress importante. Par ailleurs, je sais que mon frère a vendu énormément de choses à un prix dérisoire. »


Avec le recul, qu’auriez-vous fait différemment ?


Paul : « J’aurais demandé à mon notaire de nous conseiller un commissaire-priseur et/ ou un brocanteur et un débarrasseur. Cela aurait beaucoup apaisé les relations avec mon frère, et personne ne se serait senti lésé d’avoir réalisé toutes les tâches ingrates. »

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