• Les Michels

Être aidant familial, quelles conséquences au quotidien ?

Mis à jour : 23 déc. 2019



Aidant familial, aidant naturel, proche-aidant, l’appellation varie mais la mission reste la même : prendre soin et s’occuper d’une personne âgée de son entourage.


Un travail qui n’a été reconnu que tardivement, alors qu’il nécessite un engagement à temps plein. Derrière les implications de cette tâche, on oublie souvent que c’est une mission éreintante et parfois difficile à remplir.


Outre le risque d’épuisement, être aidant familial bouleverse le quotidien. Comment s’y adapter ? Comment gérer cette nouvelle vie ? Quelles sont les risques ? On vous dit tout.



Une reconnaissance tardive du statut d'aide


On a souvent tendance à considérer comme normal le fait de s’occuper de parents malades ou âgés, sans pour autant assumer la réalité et les implications d’une telle tâche.


Si pendant longtemps il n’était pas rare de voir plusieurs générations vivre sous le même toit, le développement économique et l’augmentation des mouvements de population ont fait bouger les lignes et mis à mal ces anciennes coutumes.


Désormais, les personnes âgées sont bien plus concernées par le risque d’isolement et de solitude. Que ce soit en raison de la distance qui les sépare de leurs enfants, de tensions au sein des familles, ou même pour des motifs économiques, cela peut avoir de lourdes conséquences notamment lorsque l’on prend de l’âge.


Le plus souvent, ce sont donc des professionnels qui entourent les personnes âgées : infirmiers et infirmières, aides ménagères, voire kinésithérapeute… Mais ces services ont un coût et nombreux sont ceux qui préfèrent s’occuper eux-mêmes de leurs parents. Seulement, là où l’on avait pour habitude de se répartir les tâches au sein d’un même foyer, la personne qui vient aider un parent se retrouve elle-même souvent seule. Que ce soit sur le plan familial ou sur le plan institutionnel, l’aidant familial a souvent le sentiment d’être isolé car non reconnu.


Il a ainsi fallu attendre 1998 pour distinguer les aidants familiaux et reconnaître leur statut. Ils font ainsi l’objet d’une définition posée par le comité des ministres du Conseil de l’Europe : est dit aide familial « tout voisin, membre de la famille ou particulier qui prête des soins et fait de l’accompagnement aux personnes dépendantes de façon régulière sans avoir le bénéfice d’un statut professionnel leur conférant les droits et les obligations liés à un tel statut ».


Une reconnaissance tardive mais fondamentale puisqu’elle a notamment permis de mettre en lumière les efforts que demande une telle activité. Outre la dimension affective liée au fait de s’occuper d’un parent en perte d’autonomie physique et/ou cognitive, les exigences au quotidien sont nombreuses et peuvent avoir de lourdes conséquences pour l’aide familial : fatigue, stress, burn-out, dépression, isolement, les risques sont nombreux et nécessitent donc un meilleur encadrement.



Quel statut juridique pour les aidants familiaux ?



Restés pendant longtemps dans le flou juridique le plus total, pénalisés par un manque certain d’encadrement et une absence totale de positionnement des institutions sur leur situation, les aidants familiaux ont connu une vraie amélioration de leur condition reconnue depuis 1998.


L’un de ces changements majeurs a eu lieu en 2007, lors de la publication de la charte de l’aidant familial par l’Union Européenne. L’objectif de cette charte se développait en 3 points fondamentaux. Le premier était bien évidemment d’apporter une définition claire du rôle de l’aidant familial. La deuxième mission consistait à sensibiliser l’opinion publique sur le rôle que jouent ces personnes.


Surtout, il a été question de faire reconnaître leurs droits et ce afin de permettre de leur donner enfin un véritable statut juridique.


L’enjeu principal ? Permettre un meilleur accord entre vie personnelle et vie professionnel, l’un venant régulièrement empiéter sur l’autre. Cela est censé rentrer, en France, dans le cadre de la loi pour l’adaptation de la société au vieillissement.


Ainsi, pour être reconnu comme aidant familial il faut être un parent de la personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie, ou alors avoir conclu avec elle un pacte civil de solidarité.


Cela permet ensuite d’ouvrir l’accès à des formations et donne droit à la validation des acquis de l’expérience (VAE).



L'importance des aidants en France


En France, on compte pas moins de 8 millions d’aidants. Plus de la moitié de ces personnes viennent en aide à des personnes âgées.


Devant l’enjeu du vieillissement, la société tente de s’organiser mais la réponse politique reçoit pour l’instant un accueil mitigé.


En effet, le manque de définition institutionnelle maintient les aidants dans un cadre dont les contours sont toujours trop flous. Ainsi, s’il existe des aides, elles peuvent être obtenues par des cheminements administratifs intermédiaires ce qui ne facilite pas toujours les choses. D’autant que de nombreux aidants peuvent être d’origine étrangère, et donc peu au fait de leurs droits, ou se retrouvant dans des situations de travail illégal.


Un manque régulièrement pointé du doigt et qui entraîne de nombreuses difficultés. Notamment lorsqu’un aidant continue à avoir une vie professionnelle à côté de son rôle auprès d’une personne en perte d’autonomie.


Cela entraîne d’importants changements dans l’emploi du temps et bouleverse complètement le quotidien. On estime que la durée consacrée à une personne handicapée par un aidant est d’environ 20h par semaine. Cela est donc comparable à celles et ceux qui cumulent deux emplois, et laisse donc peu de temps à la vie familiale.



Quelles aides peuvent être obtenues en tant qu'aidant familial ?


D’abord, il est important de savoir qu’un aidant familial bénéficie d’une aide à la formation, notamment lorsque la personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie nécessite des soins qu’elle ne peut pas s’administrer elle-même.


Dans ce cas, une formation assistée par une infirmière ou un professionnel de santé doit être demandée. Ce afin de permettre à l’aidant familial d’acquérir rapidement les gestes et réflexes essentiels en cas de problème. Cela rentre dans le cadre de la loi Montchamp.


Ces formations sont gratuites et ont lieu dans les CLIC (Centres Locaux d’Information et de Coordination gérontologique) mais aussi dans certaines caisses de retraite ou sont proposées par les collectivités territoriales.



Qu’en est-il des salaires des aidants familiaux ?


Le droit français pose les distinctions entre différents statuts auxquels peuvent prétendre les aidants.


Dans un premier cas, celui-ci peut être salarié et bénéficie alors de l’ensemble des droits des salariés.


Mais dans le cas d’un aidant familial, les choses sont souvent différentes. Celui-ci peut signer un contrat de travail directement avec la personne en perte d’autonomie lorsque celle-ci ne bénéficie d’aucune aide et dispose de ressources propres. Mais, le plus souvent, l’aidant familial, surtout s’il s’agit d’un parent, le fait à titre bénévole et ne perçoit donc aucune indemnisation financière.



Peut-il alors bénéficier d’aides sociales ?


En fait, l’aide familial peut être rémunéré indirectement en profitant des aides perçues par la personne en perte d’autonomie.


Prenons l’exemple d’une personne âgée en perte d’autonomie qui perçoit l’AAH, soit l’Allocation Adulte Handicapé. Celle-ci est normalement prévue pour subvenir aux besoins de l’adulte en situation de perte d’autonomie : soit sa nourriture et son logement. Mais il est tout à fait possible de se servir d’une partie de la somme pour proposer une compensation financière à un aidant.


Il en va de même pour la PCH, ou Prestation de Compensation du Handicap. Celle-ci peut permettre à la personne concernée par son versement de proposer un dédommagement à un aidant familial. L’avantage étant qu’elle n’implique pas la rédaction d’un contrat de travail car l’aidant ne bénéficie pas grâce à elles des droits liés au salariat.


Ce peut donc être une manière de s’assurer un modeste dédommagement. Le problème restant bien évidemment l’absence d’une aide définie et destinée à l’aidant familial. Là-encore, les manques institutionnels se font sentir.



Les principales difficultés rencontrées par les aidants familiaux



Outre ces difficultés financières, les aidants familiaux se retrouvent en général dans une situation difficile.


Le premier risque, c’est le sentiment d’isolement parfois lié à la fonction. En effet, lorsque l’aidant familial est désigné, celui-ci ou celle-ci peut se retrouver avec la totalité des soins à apporter. Il n’est ainsi pas rare que les autres parents ou proches se dédouanent progressivement pour mieux laisser à l’aidant l’entière responsabilité de s’occuper de la personne âgée. Au sein d’une famille, cela peut se jouer entre fratries, que ce soit en raison de la plus grande proximité géographique ou pour des raisons plus personnelles.


Cette situation peut donner lieu à de réelles difficultés pour la personne concernée. D’abord, parce que s’occuper d’une personne âgée est éreintant et surtout stressant. Le risque de chute, les éventuels problèmes d’incontinence, la difficulté de la communication lorsque le handicap s’accompagne d’une perte d’audition peuvent être à l’origine d’un climat de stress et d’anxiété. Ainsi, de nombreux aidants familiaux voient régulièrement cette fonction qu’ils occupent le plus souvent à titre de bénévole prendre le pas sur d’autres aspects de leur quotidien : que ce soit leur vie de famille ou même leur vie professionnelle.


Et pour cause, être aidant familial c’est s’engager à être disponible rapidement en cas d’urgence. Certains n’hésitent pas par exemple à dormir régulièrement chez la personne âgée. Ce qui entraîne en conséquence des problèmes de sommeil. Une personne âgée peut se lever la nuit pour aller aux toilettes ou simplement à cause de douleurs, ce qui peut réveiller l’aidant et lui causer du stress. Des nuits compliquées et des journées chargées, deux des choses qui peuvent conduire tout droit au burn-out.


Enfin, la difficulté principale c’est peut-être la difficulté relationnelle. Que l’on s’occupe d’un parent, d’un proche, d’un voisin ou autre, on peut se retrouver à être son seul interlocuteur au quotidien, et ce au gré des humeurs de la personne dont on s’occupe. Or, il n’est pas rare qu’une personne en perte d’autonomie puisse être difficile ou capricieuse et s’en prenne à la personne qui s’occupe d’elle. Auquel cas, les nerfs de l’aidant familial peuvent être soumis à rude épreuve. Il est important alors de savoir s’octroyer des moments à soi pour récupérer, aussi bien physiquement que moralement.



Les bons réflexes à avoir


Si vous souhaitez devenir aidant familial pour un de vos proches, il y a quelques bons gestes à adopter pour tenir le coup et remplir au mieux votre fonction.


La première chose à faire est bien évidemment d’en parler avec la personne à aider, pour connaître ses besoins évidemment mais aussi pour poser des règles et s’assurer ainsi que la relation d’aidant à aidé se passe le bien possible.


Le rythme des visites, leur fréquence, les besoins plus spécifiques, mais aussi les goûts et préférence de la personne concernée sont des sujets importants à aborder. Votre rôle consistant surtout à prendre soin de la personne et lui permettre, dans le meilleur des cas, de retrouver un peu plus d’autonomie.


Il faut ensuite réussir à vous ménager des moments à part, sans votre téléphone, afin de pouvoir faire une véritable coupure. Auquel cas, l’une des bonnes idées à avoir étant de se répartir les rôles entre deux aidants ou alors de s’assurer la présence d’un interlocuteur pouvant intervenir en cas de problème et prendre le relai de temps en temps.


Enfin, il faut aussi savoir dire stop lorsque la situation vous dépasse. D’abord parce que les conséquences pour la personne en perte d’autonomie peuvent être graves, ensuite parce que vous risquez vous-même de vous retrouver dans une situation de détresse. C’est notamment le cas si vous souhaitez conserver une activité professionnelle à côté de votre rôle d’aidant familial. Il faut alors savoir faire la part des choses pour conserver un équilibre de vie vous permettant de tenir cette double casquette.



Sources :


- Qui sont les aidants familiaux ?

- Être aidant familial : quelles sont les conséquences?

- Aidant familial, quelle reconnaissance en 2015 ?

- Aidants naturels ou aidants familiaux : quelle définition, quel statut juridique ?


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